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Côte d'Ivoire: Un réseau d'enfants de 8 à 10ans utilisé pour voler à Abidjan


publié le :09/05/2018
Alors que l'appareil sécuritaire subit des transformations pour être plus efficace, en réponse s'opèrent des mutations dans le banditisme pour mieux rivaliser avec toutes les forces. C'est la découverte d'un réseau d'enfants utilisé pour voler à Abidjan, qui nous permet d'afficher ce constat. Entre 08 et 10ans ils sont sous la coupe d'une bande organisée à Adjamé. Ils se faufilent entre les véhicules pour voler, sous le regard protecteur d'hommes baraqués surnommés les vieux môgôs. Le Mardi 08 mai à Adjamé, devant l'immeuble mirador aux environs de 19 heures, la scène est flippante. Il erre sur la voie embouteillée par toute sorte d'automobiles et de piétons, des petits garçons. Derrière leur innocente apparence se dissimulent en vrai des diablotins. Ils sont jalousement observés par leurs vieux môgôs assis dans la pénombre. Alors chargés de vol à la tire, arrive à l'un d'entre eux de se faire une cible. Le môme, 09ans environ, se dirige donc à pas feutré contre un taxi, avec à son bord des passagers imprudents. Il y met toute une finesse d'esprit d'homme rompu au pickpocket, puis réussit à surprendre sa victime avec dextérité. Et le voilà piquer un sprint pour se sauver, sous des regards impuissants. Entre ses mains, le butin d'un téléphone portable. Ce n'est ni la peine de crier au voleur, ni la peine d'essayer de le rattraper prévient alors une commerçante à la victime, pétrifiée par la scène, se déroulant devant des observateurs stoïques. Ici là, c'est la zone des vieux môgôs ! Ils envoient leurs enfants pour voler et puis y'a rien. Aujourd'hui ils sont tombés sur toi. Donc ce n'est pas ton jour de chance mon petit, il faut partir à un autre badaud de renchérir à l'infortuné. La scène à la fois intrigante et d'une indifférence révoltante, il revient à un habitué des lieux d'expliquer concrètement les faits Chaque mineur doit en principe rapporter un à deux portefeuilles ou téléphones par jour. Auparavant inscrit sur la liste des protecteurs, il bénéficie donc de faveurs, comme la nourriture. Les bénéfices sont aussi reversés à sa famille pour éponger des dettes, dans le deal de la drogue. Les instigateurs de ce fléau qui ne dit pas encore son nom, sévissent ainsi dans la capitale économique depuis un moment, des commentaires glanés ici et là dans les rues de ce quartier criminogène d'Adjamé mirador. En dépit des acharnements contre les microbes, ce système mafieux, établi selon les confidences entre le pays et le Burkina Faso tisse progressivement sa toile.


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