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Asalfo : A un niveau de notre carrière, les cachets d’artistes ne comptent plus


publié le :17/03/2015
Très optimiste, plein d’énergie et toujours prêt à donner du bonheur, le quatuor le plus célèbre du continent africain côtoie le succès depuis quatorze ans. Engagé dans la musique, sept albums sortis dont Touté Kalé vendus à plus de 100 000 exemplaires en France et des concerts à travers le monde, Magic System s’illustre aussi dans le social à travers le financement d’hôpitaux de Côte d'Ivoire et la construction de deux écoles à Anoumabo, leur quartier d’enfance à Abidjan. De passage à Brazzaville, les maîtres du Zouglou ivoirien ont livré un concert, séduisant de nouveau le public brazzavillois. Rencontre avec A’Salfo, leader du groupe. Ça change d’être vainqueur de la CAN 23 ans après Comment l’avez-vous vécu ? ASalfo : Nous l’avons vécu avec une grande émotion. La dernière fois où la Côte d’Ivoire a raflé une Coupe d’Afrique, nous étions encore à l’école primaire. C’est plaisant de revivre ces moments car ce n’est pas donné à tout le monde de voir la Côte d’Ivoire remporter à deux reprises la coupe. On rend grâce à Dieu pour cet exploit. MTN connect, festival auquel vous avez été invité à Brazzaville est un évènement dédié à la jeunesse congolaise. En tant qu’artiste, sentez-vous l’obligation de vous associer à ce genre d’initiative ? ASalfo : À un niveau de notre carrière, les cachets d’artistes ne comptent plus. C’est le message que l’on peut faire passer et l’opportunité que l’on peut s’offrir de s’adresser au public qui deviennent plus important. Pour Magic System, c’est important de retrouver une jeunesse africaine réunie pour danser et chanter certes, mais aussi pour écouter des messages importants. Nous profitons des occasions comme celle-ci pour véhiculer des messages de cohésion, de paix et surtout un message d’espoir parce qu’il faut absolument que la jeunesse croie en elle. La notoriété que vous avez acquise semble ne pas avoir des effets pervers sur vos compositions ? ASalfo : Lorsque les gens sont disposés à nous écouter, il faut alors profiter de lancer des messages positifs. Mais si l’on se dit qu’on peut chanter n’importe quoi, alors on trahit la déontologie du métier. Certains diront que ce discours est old school, mais au sein de Magic System nous essayons de la respecter. On vous a vu il y a quelques mois à Brazzaville soutenir l’action sociale de la première dame du Congo, Antoinette Sassou Nguesso. À l’engagement musical, s’ajoute finalement l’engagement social ? ASalfo : Vous savez, nous sommes partis des faubourgs abidjanais. Et quand on part de ce milieu, on sait vraiment à quelles difficultés sont confrontées certaines populations. S’engager dans le social, c’est un devoir. Venir voir la première dame du Congo pour la féliciter pour tout ce qu’elle fait avec sa fondation dans le domaine de la santé, pour le bien-être des autres était symbolique pour nous. C’est une manière de dire aussi que les artistes peuvent s’engager dans le développement d’un continent. Nous nous battons beaucoup dans le domaine de l’éducation et de la santé. Il était important pour nous de lui signifier toute notre admiration et notre reconnaissance. Des initiatives philanthropiques comme les vôtres ne sont pas suffisantes hélas pour tout un continent... ASalfo : Mais c’est un maillon. Comme dans une chaîne, chaque maillon a son importance. Si d’autres artistes, footballeurs et politiciens nous suivent, ce sera intéressant. Je pense que le développement de l’Afrique dépendra de tout le monde. Et pas seulement dans le secteur de la culture. Chacun doit s’y mettre. Mes actions ne sont qu’une petite goutte d’eau dans toutes les actions qui doivent être menées. Sur le plan purement musical, vous revenez à Brazza, douze ans après votre dernier passage lors du Fespam 2003. Comment revient-on vers son public après une si longue absence ? ASalfo : Lors de notre dernier passage à Brazzaville, on était sur l’album Poisson d’avril. Douze ans après, six albums sont sortis. Ce n’est pas rien Ce public nous a vus à nos débuts. En revenant, on a envie de lui montrer qu’il y a eu de la maturité, du parcours et du chemin. Et quelque part faire un bilan de la carrière pour dire qu’on peut partir de rien et devenir un excellent groupe quand on y croit et qu’on a la foi. C’est un groupe aguerri qui a une somme d’expérience indéfinie et qui n’a rien à avoir avec le groupe qui était au Fespam en 2003. Suivez-vous l’actualité musicales africaines et la dynamique de la jeunesse montante ? ASalfo : On est obligé de voir ce qui se passe. Le groupe Magic System est initiateur d’un festival (le FEMUA : Festival des musiques urbaines d’Anoumabo, NDLR) et pour sa programmation on a le regard sur tout ce qui se passe. Le but de notre festival, c’est de promouvoir les talents de ce continent. On est vraiment branché et on sait ce qui se passe musicalement sur le continent. Et comment voyez-vous la puissante montée de l’industrie musicale de l’Afrique anglophone fasse à une Afrique francophone qui tourne un peu en rond ? ASalfo : L’Afrique francophone a dominé la musique africaine pendant pas mal de temps avec le Congo, le Cameroun, la Côte d’Ivoire. À un moment donné, ces pays francophones ont sombré dans diverses instabilités économiques et politiques. Et pendant ces instabilités, un vide a été créé permettant aux pays anglophones de rebondir. Cela ne veut pas dire qu’on est atterré. C’est sûr qu’on va remonter. Pendant ce temps les anglophones poursuivent leur montée. Finalement qu’est ce qui manque aux francophones ? ASalfo: La barrière de la langue est une chose non négligeable dans cette situation. Nous sommes dix-neuf pays dans le monde à parler le français. Et tout le reste parle anglais. Ce qui signifie que l’artiste qui chante en anglais et celui qui chante en français n’ont pas les même chances d’évoluer. On a vu arriver récemment des groupes comme P’Square qui rapidement ont commencé à faire des featurings avec des stars américaines. Pourquoi ? Il n’y a pas de barrières de langue entre eux. Nous, c’est la France qui est notre point focal, donc le plus grand featuring qu’un artiste francophone peut faire c’est avec Jonny Halliday pendant que les autres ont plus de chances de travailler avec Beyonce ou Rihanna. Aujourd’hui si Magic System a beaucoup de chance de travailler avec Akon, c’est parce qu’il est natif d’un pays francophone, le Sénégal. Mais on va essayer de faire ce qu’a réussi Stromae ou David Guetta en travaillant non pas sur la base de la langue mais plutôt de la rythmique. Un message à la jeunesse africaine ? ASalfo : Mon message est de pas baisser les bras, qu’importe le secteur d’activités dans lequel on est. Il faut chaque fois se dire que lorsque l’on baisse les bras, cela peut être la veille de la réussite. Il faut croire en soi. Césaria est un exemple. Elle était plus proche de la tombe que du berceau quand elle a connu son succès. Il faut croire et aller à fond sans se donner à la faciliter, ce qui devient de plus en plus la tendance chez de nombreux jeunes d’Afrique francophone qui s’adonnent au broutage, à la cybercriminalité. Il ne faut pas faire du mal à autrui pour se faire du bien. On peut se faire du bien que quand on croit à ce qu’on fait.


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