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LADY PONCE : Je devais être une sœur religieuse.


publié le :11/06/2015
Le nom de Lady Ponce rime avec Bikutsi, mais aussi look sexy et sensuel, agrémenté de fantaisies. La chanteuse camerounaise, qui fait fureur au Cameroun et dans bien des contrées, tisse sa toile. sûrement. Cette interview fait découvrir sa personnalité. et il y a des surprises au menu. Savez-vous qu’elle a fait le couvent et qu’elle a failli devenir sœur ? Elle aurait certainement raté sa vocation, si elle n’avait pas fui les ordres pour faire de la musique… • Ce premier séjour en terre ivoirienne, s’est-il bien passé ? - Franchement, je me suis sentie comme au Cameroun. Les Ivoiriens sont tellement attachants, chaleureux. Et ils dégagent une joie de vivre qui contamine. J’ai été toute émue, un peu comme si je faisais le tout premier spectacle de ma carrière. Je pars, mais je compte revenir très vite dans ce pays qui m’a accueillie les bras ouverts. Quand on parle de Lady Ponce, on pense tout de suite à la Reine du Bikutsi, mais aussi à une chanteuse qui a le vent en poupe au Cameroun, qui se fait un peu trop sexy et qui semble trop sûre d’elle… - Je ne me vois pas ainsi. Je me vois plutôt comme une jeune femme qui débute dans le monde de la musique qui est d’ailleurs un peu compliqué. J’y trouve tout de même mon compte, je m’amuse bien et je ne me prends pas la tête, contrairement à ce qu’on peut penser. On dit que je suis la Reine du Bikutsi, que j’ai le vent en poupe, mais je pense du fond de moi que c’est un peu exagéré. Je fais le métier qui me plaît et j’avance à mon rythme sans prétendre être au dessus des autres. •… - Vous savez, j’ai trouvé des grands frères et grandes sœurs qui ont bâti le milieu de la musique camerounaise. Certains ont même permis au Bikutsi d’éclore. Et pour moi, ce rythme, c’est comme construire une maison qui a eu des fondations solides faites par des artistes, il y a eu ensuite des élévations au cours desquelles il faut couler la dalle, voilà. Chacun construit son étage et après se retire, d’autres prennent la relève. C’est comme ça que je vois la musique et l’évolution de la culture de notre pays, de notre continent. • Une chose qui surprend un peu : Tu as été chantre chrétienne avant de faire de la musique profane, pourquoi ce… revirement si je peux m’exprimer ainsi. - Tu sais, je suis passée par les or-dres. Je devais même être une sœur religieuse. Je suis née dans une famille très chrétienne et feu mon père devait lui-même être prêtre. Mais il a enceinté ma mère pendant qu’il était au Grand Séminaire et finalement, il n’a pas pu réaliser son rêve. On dit souvent que quand on fait des enfants, on voit toujours en l’un d’eux, celui qui pourrait réaliser le rêve qu’on n’a pas pu concrétiser. Mon père me voyait bien devenir une sœur chrétienne, mais ce n’était pas mon choix, alors je me suis retirée du couvent pour me retrouver quelques années après dans la musique profane. • Des ordres, tu te retrouves sur la scène musicale avec parfois un style vestimentaire à l’opposé de celui des sœurs. Tu te déchaînes c’est ça ? Tu rattrapes le temps ou quoi ? - (rires) Une chose est certaine, je ne me mets pas nu. Je n’ai pas oublié qui je suis : Une chrétienne engagée, très croyante. Je suis le miracle de Dieu. Je me suis retrouvée orpheline trop jeune et c’est grâce à Dieu, grâce à la foi religieuse que m’ont inculqué les parents que je suis restée telle que je suis et qu’aujourd’hui, ma carrière essaie de démarrer. • Oui, mais ta longue crinière qui touche parfois le sol, tes tenues hyper moulantes et tout, ça fatigue parfois ceux qui aiment bien ta musique. - Oh ça, c’est pour les besoins des clips. Quand vous regardez les vidéos des artistes américains, de ceux qui sont reconnus mondialement, c’est ça… • Oui, mais toi tu es africaine… - Je disais tout à l’heure à ce sujet que je sais d’où je viens. Les habits que les stars portent en général dans les clips ne sont pas les tenues qu’elles portent pour se promener, faire des courses en ville, aller à l’Eglise… Pour les besoins des clips ou du métier, on porte certaines tenues. c’est vrai mais ce sont des outils de travail, il faut que les gens comprennent cela. On s’habille parfois bizarrement, je le reconnais mais ce n’est pas à copier (rires). • Tu crois que le public t’apprécie vraiment au vu des critiques concernant ton look ? - Oui, je le pense, sinon je n’aurai pas de fans (rires). Mais pour faire plus sérieux, je dirai que je suis dans une maison de production qui me donne aussi des directives par rapport à ma carrière. Et cette maison est mieux outillée pour me donner les armes nécessaires afin que j’aille de l’avant. Quand on tourne le clip, c’est comme quand je suis sur la scène, je fais mon job. Il y a le réalisateur, le producteur qui veut vendre ses cd, ses dvd et qui veut créer le buzz, le manager et toutes ces personnes qui donnent des idées, des directives pour que la chose soit la plus commerciale possible. Là, c’est le business qui parle et je n’ai pratiquement pas mon mot à dire. •… - Mais, derrière tout ça, il y a une autre personne, une autre personnalité. Je ne peux pas être la même Lady Ponce sur scène que celle qui est à la maison et qui s’appelle Adèle Rufine Ngono, ce n’est pas possible. Toi, tu fais ton job en me posant des questions, mais est-ce que tous les jours de ta vie, dans toutes les circonstances, tu poses des questions ? (rires)… Non ! Les gens doivent comprendre cela. On essaie d’évoluer dans des dimensions qui permettent à ceux qui ont investi sur nous d’entrer dans leur fonds, de tirer les bénéfices de leurs investissements. • Mais est-ce que cette image que tu présentes via tes clips ne gêne pas la femme réservée et posée que tu es ? - Cela ne me gêne pas car je me connais et ceux qui me fréquentent savent quel genre de femme je suis. Je fais mon job comme il faut, mais je ne confonds rien du tout au point de me perdre, non ! Cela va vous surprendre, mais je suis quelqu’un de très timide, trop réservé à la limite. Et le seul moment où je me sens vraiment dégagée, c’est quand j’ai mon micro et que je suis sur une scène. • La musique camerounaise au féminin… - Elle est forte. Le Cameroun a eu de grandes voix féminines qui ont fait des chansons ayant voyagé dans le monde. Je pense par exemple à Saly Nyolo, qui est naturelle, belle avec une de ces voix. Je pourrai citer aussi Grace Decca, Anne Marie Nzié ou Bébé Manga qui a été une de mes marraines. Elle m’a tenue par la main, m’a donné beaucoup de conseils. Toutes ces femmes ont été des beautés extérieures et intérieures, des femmes qui ont su très tôt ce qu’elles voulaient et qui ont réussi à se faire un nom dans le monde de la musique. Ce sont des modèles et la fierté du Cameroun. Aujourd’hui, il y a une nouvelle génération qui essaie de suivre leurs traces et c’est tant mieux. La musique camerounaise au féminin s’exporte bien et je suis fière de ce fait. • Si tu n’avais pas été chanteuse, tu aurais fait quoi ? - Mis à part les ordres d’où je suis partie, je ne sais vraiment pas ce que j’aurai pu faire d’autre. Je me souviens qu’il m’est arrivé des moments où je pleurais quand je voyais mes camarades de classe partir à l’école. Et je disais Seigneur, je ne vais plus à l’école, regarde-moi, je ne ressemble à personne, j’ai envie de faire de la musique, qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? Je n’avais aucune idée à ce moment-là. Et je n’en ai toujours pas, (rires) mis à part la musique. • Tu as dû traverser de durs moments, tu en parles avec beaucoup de tristesse… - Oui, tu sais, je me suis retrouvée orpheline de mère alors que j’entrais à peine dans l’adolescence. Une période durant laquelle on a besoin de sa mère, de ses conseils, de sa tendresse, de la sécurité qu’elle offre, tu comprends ? Je devais avoir quatorze ans et six ans plus tard, j’ai aussi perdu mon père. Des moments comme ça, je ne peux pas les souhaiter, même à mon pire ennemi. Tu te retrouves pratiquement sans repère, sans soutien. Ce que j’ai vécu en tant qu’orpheline, ce n’est pas facile, mais je ne voudrais pas entrer dans les détails, ce sont des souvenirs trop douloureux. • Tu es aussi très axée sur le social, c’est la raison pour laquelle tu as accepté de venir au FEMUA ? - Au début, je vais être honnête, je ne savais pas que le FEMUA avait aussi un volet social. C’est bien après qu’on m’a expliqué le but de ce festival, mais j’avais déjà accepté de toutes les façons et lorsque je suis allée à la conférence de presse à l’UNESCO à Paris, cela m’a fait plaisir par la suite de découvrir tout l’aspect social de l’évènement. Ce qui m’a encore plus motivée. • Et dans le social, tu œuvres en faveur de quoi ? - J’ai un festival au Cameroun qui s’appelle la semaine de la femme en diamant. Il se déroule durant la semaine du 08 mars à la faveur de la journée de la femme. J’essaie de valoriser ces femmes commerçantes, conductrices, taxiwomen, ménagères… qui restent cachées et qu’on ne révèle pas vraiment. Je profite aussi de ce festival pour faire des dons aux femmes en détresse et aux enfants des orphelinats. - Je me sens concernée par la détresse, les problèmes des autres parce qu’à un moment de ma vie, on m’a tendu la main quand j’étais dans la souffrance. Et si l’expérience que j’ai vécue peut toucher deux ou trois jeunes filles qui se retrouvent dans le besoin, si je peux aider, je n’hésite pas du tout. Il n’y a rien de tel que de pouvoir redonner le sourire à ceux qui n’en ont pas, tu sais. Et c’est un véritable bonheur.


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