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Koumassi: Des populations en danger avec ces maisons qui s’affaissent


publié le :06/07/2015
es maisons qui s’affaissent, des fenêtres au ras du sol, l’eau qui sort de terre et se confond aux eaux de toilettes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des habitations. Du quartier Kankankoura à la grande Mosquée, en passant par le quartier Adjoukrou, c’est le même décor. Plusieurs maisons de la commune de Koumassi se sont affaissées et elles continuent de l'être chaque jour davantage, mettant ainsi à mal la quiétude de ces populations. Diagnostic Kankankoura est un quartier situé au cœur de la commune de Koumassi. Il est entre le grand marché et l’Église catholique Saint-Etienne. Ici, les toits des maisons sont faits de tuiles et vieux d’une cinquantaine d’années. Les murs ont perdu de leur éclat d’antan. Dans ce quartier dépourvu de caniveaux, les rues sont anarchiquement occupées. Tous les espaces sont transformés en de petits marchés. On y retrouve des kiosques à café, des boutiques, des restaurants de fortune, des ateliers de couture ou de coiffures, etc. Vu de l’extérieur, l’espace qui sépare désormais la fenêtre des maisons au sol est moins d’un demi-mètre. Pourtant, on est loin des maisons sous-sol. Seulement voilà, les bâtiments qui, jadis, avaient trois à quatre mètres de haut, atteignent aujourd’hui à peine un mètre de hauteur. De l’intérieur, la résidence à l’allure d’une digue. On y entre la tête baissée et on y ressort à l’aide d’un escalier. Au quartier Mosquée (aux alentours de la Grande mosquée de la commune), le spectacle est quasi-identique. On accède difficilement par la porte d’entrée au domicile de la famille Fitiman (Ilot 81, lot 2270). En effet, une grande partie de la maison est descendue dans le sol. Même un gamin de huit ans aura des difficultés pour franchir le portail d’entrée. « Ma mère veut qu’on déménage à Gonzagueville un sous-quartier de la commune de Port-Bouët où mon père a construit une villa et l’a mise en location. Mais celui-ci refuse à cause de la distance qui sépare Port-Bouët de son lieu de travail », confie Mlle Yao N’Da, la fille d’un des locataires de ces maisons. Selon elle, bien que le coût du loyer de deux pièces à Koumassi soit abordable (15.000 Fcfa/mois), quand il pleut, l’on est obligé de vider l’eau qui stagne à l’intérieur de la maison. « Un mur a été monté devant la pièce pour empêcher l’eau d’y entrer mais quand il y une forte pluie, ce mur résiste difficilement à la pression », explique-t-elle.Pour Mlle Yao, « ce sont les moyens qui font défaut car les locataires ont déjà convenu avec le propriétaire pour une réhabilitation complète de la maison ». Il s’agira de remblayer l’intérieur de la maison, enlever la toiture, élever les murs et mettre une nouvelle toiture. Ce procédé a déjà été appliqué avec succès par certains voisins (Ndlr: elle montre une maison réhabilitée). « Ce sont donc les moyens qu’on attend », conclut-elle. Non loin de là, toujours dans le même quartier, Ehué Jean Michel,propriétaire du lot 1507, explique que l’habitation familiale dont il a hérité et qui date d’une cinquantaine d’années, est construite sur un terrain marécageux. Un important terrassement avait été fait. Mais après le lotissement, ces habitations ont été construites sans aucune disposition particulière. De sorte qu’aujourd’hui quand il pleut l’eau pénètre dans la cour et les locataires s’en plaignent. Un système d’évacuation d’eau a été installé à l’intérieur de la cour pour permettre l’évacuation d’eau, après le passage de la pluie. Cette disposition n’a pas résolu le problème. « J’ai donc été obligé d’acheter une moto-pompe (il nous le présente) à 200.000 Fcfa. C’est cette machine qui permet d’évacuer l’eau de la cour après chaque pluie, le temps d’avoir de l’argent pour rebâtir la maison », relève-t-il. Au quartier Mairie communément appelé quartier Adjoukrou (ethnie du Sud de la Côte d’Ivoire), la situation n’est pas aussi reluisante même si elle s'est un peu améliorée avec le bitumage des voies. « Depuis que les rues du quartier ont été bitumées, on a arrêté de mettre des gravats et les maisons se sont stabilisées », explique Mme Mélèdje Ève, propriétaire du lot 446. Mais le problème qui continue de se poser, ce sont les caniveaux constamment bouchés. « Quand il pleut, l’eau continue de rentrer dans la cour. La fosse sceptique à l’intérieur de la cour est constamment rempli car l’eau de toilette n’arrive pas à être évacuée », relève-t-elle. Pour pallier cette situation, chaque locataire est obligé de vider l’eau de cette fosse, afin de pouvoir faire leur toilette. Dehors, les caniveaux sont bouchés. Les habitants de ce quartier sont à la merci des moustiques la nuit tombée. Mme Mélèdje a donc appelé les autorités à se pencher sur la question en débouchant les canaux d’évacuation pour alléger la souffrance des populations. Quelles solutions ? Pour Guy Charles Wayoro, directeur de cabinet du maire, « cette question ne relève pas du pouvoir de la mairie ». Selon lui, ces maisons sont construites sur des lots individuels et non collectifs. « La mairie ne peut donc pas décider de démolir la maison d'une personne qui détient son permis de construire sous prétexte que celle-ci s’affaisse », confie-t-il. Il estime qu’il appartient à chaque propriétaire de maison de s’organiser pour casser et rebâtir sa concession comme certains le font déjà, soit en reconstruisant eux-mêmes, soit en vendant le local à des opérateurs économiques qui y construisent des immeubles. Certains propriétaires de maisons, certainement plus avisés, ont déjà entamé des démarches de réhabilitation de leur bâtisse. Les anciennes habitations sont détruites et de nouvelles sont construites sur les cendres des anciennes. Quand d’autres traînent encore les pas, prétextant le manque de moyens. En attendant ces bâtiments continuent de s’affaisser. Une situation très préoccupante pendant la saison pluvieuse où certaines cours sont entièrement inondées. « Quand il pleut on n’arrive pas à dormir. On passe le plus de temps à vider l’eau des maisons », confie Mme Cissé Massandjé, résidente à Kankankoura. « Une femme,à force de vider l’eau est tombée malade et est décédée par la suite », confie-t-elle. Et Mme Diarrassouba Ami de renchérir:« si je continue d’y vivre avec ma famille c’est à cause du manque de moyens. Les gens viennent filmer l’état de nos habitations et promettent de nous venir en aide mais ne reviennent plus ». Aussi souhaite-t-elle que des âmes de bonne volonté viennent à leur secours. A cela s’ajoute le fait que l’eau sort de terre en saison pluvieuse. Ainsi, au domicile de Mme Kouba Coulibaly, toujours dans le même quartier, une averse suffit pour que l’eau de ladouche se retrouve dans la cour. Une situation invivable. Elle constitue une menace pour la santé des riverains surtout des enfants qui jouent dans ces eaux usées. « Nos enfants ne savent pas où s’amuser car le sol est toujours mouillé », soutient Mme Kouba. Mais alors que seront ces habitations dans 10 ou20 ans ? C’est ici le lieu de rappeler que dans le cadre de l’urbanisation de la ville d’Abidjan, les constructions de ces quartiers, comme d’ailleurs la plupart des maisons de la commune de Koumassi,ont été bâties sur du remblai. Car ce site était par le passé une zone marécageuse.On comprend, dès lors, pourquoi cette partie de la ville d’Abidjan s’appelait autrefois « Koumassi poto-poto ». Eugène YAO eugene.yao@fratmat.info .......................................................................................................................................................................................................... Encadré La bonne affaire Une situation demeure cependant préoccupante. En effet, tandis que certains déménagent de ces « tombeaux » pour se mettre à l’abri du danger, d’autres y accourent.Une bonne affaire certainement pour les propriétaires de maisons qui n’hésitent pas à augmenter le prix des loyers et les donner à de nouveaux locataires. Cela pose l’épineuse question du logement à Abidjan. L’origine du mal Plusieurs raisons sont avancées pour justifier la situation de ces habitations.Pour certains, cela est dû à l’absence de caniveaux pour l’évacuation des eaux de pluie. Ainsi, elles stagnent sur la route et finissent leur course dans les habitations très affaissées. Pour éviter que l’eau ait accès à leurs domiciles, les habitants de ce quartier érigent des digues depuis plusieurs années, à l’aide de sable, de gravats ou de terre rouge, à l’entrée de ceux-ci.Pour certains, c’est le sable accumulé à la porte d’entrée des maisons qui a fini par « avaler » les habitations. D’autres pensent plutôt que c’est le remblai mal harmonisé qui a conduit à la descente de ces maisons. Koudou Gnabro, directeur technique et environnement à la mairie de Koumassi soutient, pour sa part, que « pour comprendre l’origine de l'affaissement de ces maisons, il faut interroger l’histoire de la construction de ces quartiers qui ont été bâtis sur du remblai dans une zone marécageuse. Ce qui explique que les cours sont constamment inondées après une pluie.Il estime aussi que ce sont le sable, les gravats et les morceaux de briques que les riverains mettent chaque jour pour barrer le passage de l’eau qui ont fini par causer cette situation ». Pour lui, « ces maisons sont toujours restées à leur position initiale. C’est plutôt le sable entassé qui est monté à la hauteur des maisons ». Et M. Koudou d’indiquer: « on ne peut pas parler d’affaissement de maisons sans qu’il n'y ait de fissures au niveau des murs ».


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