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Attentats: Pourquoi ne capture-t-on jamais les djihadistes vivants?


publié le :08/08/2016
Le dénouement de l’attaque de l’église Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, s’est joué en une poignée de secondes. Après avoir égorgé le prêtre de la paroisse, le père Jacques Hamel, et grièvement blessé un fidèle, les deux terroristes ont entraîné leurs trois otages sur le parvis de l’édifice au cri de « Allahou akbar ». Ils ont immédiatement été abattus par les hommes de la BRI, la brigade de recherche et d’intervention. L’un d’eux était armé d’une arme de poing et de trois couteaux et les deux hommes étaient équipés de bombes factices. Salah Abdeslam, membre du commando du 13 novembre, est-il une exception ? Il est l’un des rares terroristes ayant activement pris part à une attaque à avoir été arrêté vivant. « Le premier réflexe est de protéger les personnes présentes ainsi que nous-même. On ne va pas prendre le moindre risque », explique une source policière. Or, dans la plupart des cas, les djihadistes cherchent à mourir les armes à la main. A l’instar de ceux de Saint-Etienne-du-Rouvray ou des frères Kouachi. Acculés par les forces d’intervention, les terroristes de Charlie Hebdo sont sortis de l’imprimerie de Dammartin-en-Goële en tirant à l’arme de guerre. Ils savaient qu’ils n’avaient aucune chance de s’en sortir. « Ils sont dans un scénario de toute puissance en décidant de leur mort, explique Michel Debout, psychiatre au CHU de Saint-Etienne et auteur de Suicide, un tabou français. Rien ne serait pire à leurs yeux que de se rendre, ce serait interprété comme un signe de faiblesse. » Mourir en martyr Les enquêtes ont d’ailleurs montré que dans l’immense majorité des cas, les terroristes ne prévoient pas de « plan de sortie » au cas où ils s’en sortiraient vivant. Le cerveau des attentats du Bataclan, Abdelhamid Abaaoud, s’est ainsi caché quatre jours avec un complice dans un buisson à Aubervilliers avant que sa cousine ne lui trouve une planque à Saint-Denis. Le terroriste ne sera d’ailleurs pas abattu par les tirs du Raid, mais par l’activation de la ceinture explosive de Chakib Akrouh dans l’appartement. Se faire attraper vivant, aller en prison, est vécu comme un échec, une humiliation. Aux yeux des djihadistes, être tué est un moyen de mourir en martyr et donc d’accéder au paradis et aux fameuses 72 vierges. Une idée relayée par la propagande de Daesh qui présente les terroristes « morts en mission » comme des héros, notamment au travers de vidéos. « Dans un attentat, on recherche avant tout à tuer l’autre. Sa mort est le prix à payer pour y parvenir mais elle est la conséquence de l’acte, pas l’objectif », assure le psychiatre Michel Debout. Sans elle, l’attentat redescend au rang d’assassinat. Fausses armes, vraie mort Est-ce pour être sûr de ne pas échapper à leur propre mort que les terroristes de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray portaient sur eux de fausses bombes ? François Molins, le procureur de Paris, a détaillé mardi soir que sur la dépouille de l’un d’eux « un faux engin explosif » a été découvert. Son complice avait « un minuteur de cuisine entouré d’aluminium et un sac à dos avec un faux engin explosif. » Ce n’est pas la première fois que des armes factices sont retrouvées sur les lieux d’un attentat : le camion de Mohamed Lahouaiej Bouhlel sur la promenade des Anglais en était, par exemple, rempli. « Il y a un phénomène d’imitation, assure Alain Juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE et président de l’Académie de l’intelligence académique. Les djihadistes cherchent à mourir avec l’apparence du terroriste total ». Si les armes des terroristes sont fausses, celles des forces de l’ordre ne le sont pas. En janvier dernier, un homme avec un faux dispositif explosif a été abattu devant le commissariat du 18e arrondissement de Paris. « En intervention, on doit prendre les décisions extrêmement rapidement, explique une source policière, on n’a pas le temps de démêler le vrai du faux lorsque des vies sont en jeu. » Dans ce contexte, le tournage d’un clip en début de semaine a failli virer au drame : le chanteur, qui souhaitait dénoncer le terrorisme, portait une fausse ceinture d’explosifs et une arme factice. Trente gendarmes et une douzaine de véhicules ont été dépêchés sur les lieux, prêts à intervenir.


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