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Mali – Salif Keita : « Si la France voulait que la guerre s’arrête, ce serait fini demain »


publié le :27/09/2016
Partagée entre ses engagements musicaux, politiques et humanitaires, la star malienne jette un regard désabusé sur les tensions qui divisent son pays. Tout en préparant un nouvel album pour 2017.Luxe, calme et volutes de thé. Nous sommes à deux pas de l’ambassade de Suisse, près des Tuileries, à Paris. C’est là que Salif Keita doit assister à la présentation d’un ouvrage illustré, Tooksipa et le tabouret d’or, l’histoire d’un enfant burkinabè qui, pour devenir roi, doit sacrifier son ami albinos. En attendant, la super-star à la peau claire sirote une eau gazeuse dans la courette arborée de son hôtel quatre étoiles. Mais, malgré ce cadre idyllique, le chanteur a le spleen. Derrière ses lunettes noires, celui qu’on connaît tout en énergie et sourires en concert cache le regard amer qu’il porte sur l’actualité. Il s’inquiète évidemment de la condition des albinos en Afrique, qu’il a toujours cherché à améliorer. Mais il est surtout miné par l’état de son pays natal, le Mali, sa perte de souveraineté et l’échec de son personnel politique. L’ouvrage que vous parrainez, Tooksipa et le tabouret d’or, est présenté comme un « ethno-conte ». Dans cette histoire, le sacrifice d’un albinos doit donner au souverain de grands pouvoirs. Ce conte est-il vraiment éloigné de la réalité de l’Afrique d’aujourd’hui ? Non, cette fiction est fondée sur une histoire vraie. Ces sacrifices humains ont existé et existent toujours. Lorsqu’on le dit à des Occidentaux, ils ont souvent du mal à le croire, et pourtant c’est bien la réalité. Vous affirmiez en 2012 sur les ondes de RFI que ces crimes impliquent des hommes politiques de premier plan. Selon vous, « des chefs d’État ont sacrifié des albinos pour rester au pouvoir. » À qui pensez-vous précisément ? Je maintiens mes propos. Je connais les noms, mais je ne peux pas encore les donner. Ce qui est sûr, c’est que le problème touche toute l’Afrique. Il faudrait d’ailleurs tourner la question autrement et se demander qui, parmi nos grands dirigeants du continent, n’a pas eu recours à ces meurtres rituels d’albinos ou d’autres êtres humains. C’est en Tanzanie que le problème est le plus préoccupant… On sait bien que les albinos y meurent par dizaines et sont vendus en « pièces détachées », on coupe leurs membres ! En période électorale, les sorciers sont encore plus sollicités par les politiciens qui veulent s’assurer une victoire. Mais, au-delà de ce pays, tout le continent est concerné. Dans ma fondation [The Salif Keita Global Foundation, créée en 2005], nous tentons de monter des dossiers pour incriminer certains politiques, malheureusement les témoins ont peur et se taisent. L’ONG canadienne Under the Same Sun a recensé ces dix dernières années 457 attaques (dont 178 meurtres) commises contre des albinos dans 26 pays africains. Cela fait près d’un demi-siècle que vous vous battez pour leur cause, n’êtes-vous pas découragé ? Le problème, c’est que je me bats contre une culture séculaire. Je sais que c’est une lutte de longue haleine et que je n’ai pas le droit de me fatiguer. Si parfois je me sens abattu, je pense aux mères à qui l’on vole les enfants… Et puis les choses bougent tout de même. Avant, les albinos ne souhaitaient pas se rencontrer, aujourd’hui, ils se regroupent, tissent des amitiés, se soutiennent. La création par les Nations unies d’une Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme, le 13 juin, a aussi fait évoluer les mentalités. Les sacrifices continuent, mais, maintenant, les criminels doivent se cacher pour commettre ces atrocités.


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